LIBÉRATION

‹‹ Assise au sommet du mont Ounasvaara, elle fixa le ciel avec une attention accrue. Les nombreux guides de voyages qu’elle avait lu la semaine passée s’accordaient tous sur une chose : qu’il fallait parfois patienter plusieurs heures avant d’avoir la chance d’en apercevoir. Cela ne lui posa aucun problème : elle avait la confiance sereine de ceux et celles qui avaient décidé vivre leur vie exactement comme ils l’entendaient.

Alors, en attendant, elle repensa au voyage qui l’avait emmené très précisément à cet endroit. Un voyage qu’elle s’était par ailleurs toujours imaginé très long et fastidieux. Alors qu’au final, il lui avait juste fallu un peu plus de cinq heures d’avion pour faire Paris-Rovaniemi (avec une petite escale à Helsinki), le tout pour moins de cinq cents euros l’aller-retour. Elle sourit aux étoiles, qu’elle imagina complices de ses réflexions et qui devaient bien rire (gentiment, cela s’entend) de son combat contre elle-même avant d’être arrivée au sommet de cette montagne. Car, comme beaucoup d’autres, ses rêves lui avaient toujours parus irréalisables, trop occupée à s’encombrer des petits détails de la vie, à s’y noyer et finir par y perdre sa lumière, son âme. Elle se sentait fière de ce qu’elle avait accompli, d’être arrivée jusqu’ici et d’avoir pu de nouveau effleurer son âme d’enfant.

Elle se concentra à nouveau sur le ciel. Aucune couleur dansante ne venait rompre le noir intense de l’écran céleste, uniquement parsemé ici et là de points scintillants, lui donnant parfois l’impression que, d’un moment à l’autre, cette étendue immobile au-dessus de sa tête allait l’engloutir d’une seule bouchée, la plongeant ainsi dans les secrets de l’Univers.

La Laponie, le village du Père Noël, les aurores boréales…

Il avait suffit d’un coup de téléphone…

§

Ce jour-là, elle s’était réveillée plutôt bien, détendue même. Comme à son habitude, elle était restée trainasser au lit avant de se lever, flottant dans ce monde d’entre-deux d’éveil, légère comme une plume, sans aucune obligation ni contrainte. Une utopie, elle le savait, mais une utopie qui avait le don de la mettre dans de bonnes dispositions pour affronter la journée à venir. Elle était sortie du lit une demi-heure plus tard. Arrêt pipi puis direction la cuisine. Elle avait ouvert le frigo et tous les placards, indécise quant à la composition de son petit-déjeuner. Elle avait saisi la bouteille d’eau qui trônait sur le plan de travail et en avait bu goulûment plusieurs gorgées, comme si les longues heures de la nuit l’avaient totalement desséchée. La faim avait alors fini par faire son apparition, clarifiant du même coup ses envies. Ce matin, elle s’était donc cuisiné une omelette au fromage accompagné de thé, sa boisson fétiche, d’un morceau de pain et d’un yaourt, pour l’équilibre alimentaire. Elle dévora son plateau devant une émission de clips musicaux. Puis quand elle eut finit, elle éteignit la boite à images et réfléchit à la façon d’occuper cette nouvelle journée.

Pour commencer, elle pourrait toujours aller déjeuner avec Sebastiano, ce qui lui prendrait environ trois heures, trajet compris. En attendant, elle pourrait suivre une leçon d’italien sur l’application de son téléphone. Ensuite, elle prendrait son temps pour se doucher et se maquiller. Voilà, la matinée était bookée. Maintenant l’après-midi. En sortant du restaurant, elle pourrait faire une balade sur les bord de la Seine, le bureau de Sebastiano n’en était pas très loin. Elle pourrait même aller le chercher en fin de journée… Mais cela lui sembla d’un coup beaucoup trop. Certes, elle cherchait le moyen de relancer leur couple mais tout de même…

Non pas qu’ils rencontraient des problèmes à proprement parler. Disons que la magie s’était quelque peu éteinte ces derniers temps. Ils s’entendaient toujours aussi bien, avaient de véritables sentiments l’un pour l’autre. Pourtant, l’élan qui les avait emporté l’un vers l’autre au début semblait s’être évanoui. Le sel, le piquant comme on dit vulgairement, avait comme laissé la place à une franche camaraderie. Ils ne se disputaient pas, parvenaient à communiquer sereinement, aimaient être ensemble. Ils faisaient moins l’amour mais après six ans, il était normal de connaitre des hauts et des bas.

Le téléphone avait sonné, la sortant instantanément de ses chimères. En fait, c’était une alarme programmée, lui rappelant l’anniversaire d’une amie à elle auquel ils étaient invités ce week-end. Son amie en question aimait l’art et elle avait prévu sur ses deux jours de congés, de passer à la boutique de Valéria afin d’y dénicher une toile pour l’occasion. C’était sans doute précisément à ce moment que tout avait basculé…

§

De l’autre côté de la rue, elle avait fixé la vitrine de la boutique d’expositions, immobile, incapable de savoir quoi faire. Elle n’était même pas en colère. Juste prise au dépourvu. Comme si ce qu’elle observait était normal et désappointant en même temps. Elle comprenait maintenant son refus de déjeuner avec elle.

Marco et Valeria… Au fond, elle l’avait toujours su…

Marco avait connu Valeria quinze ans plus tôt, à son arrivée sur Paris. Coup de foudre immédiat. Dix ans d’une histoire passionnée. Puis les difficultés rencontrées à concevoir un enfant les avaient éloigné peu à peu l’un de l’autre, transformant peu à peu leur amour en une relation assez singulière. D’ailleurs, quand elle avait commencé à le fréquenter, Valéria avait été l’une des premières, pour ne pas dire LA première, à être au courant. Elle avait découvert une femme à la personnalité discrète, douce et intelligente qu’elle aurait pu apprécier davantage dans d’autres circonstances. Sans que le couple d’ex-amants n’aient besoin de parler, elle avait toujours senti cette connexion indicible entre eux, ce lien duquel, elle en était bien consciente, elle serait toujours exclue et qui, malgré ses efforts pour n’en rien laisser paraitre, la dérangeait intimement. Au fil des années, elle avait appris à ne plus y faire trop attention, à ne plus écouter cette petite voix qui continuait néanmoins de murmurer au fond d’elle…

 » Excusez-moi… S’il vous plait…  »

Une voix d’homme la sortit de sa torpeur. Des ouvriers rénovaient la boutique qui faisait face à celle de Valeria et elle gênait l’installation d’une échelle. Après s’être excusée à demi-mot, elle se déplaça devant la devanture de gauche, ne sachant pas quoi faire d’autre. Une nouvelle fois, on vint la bousculer. Un couple de jeunes d’une vingtaine d’années, trop occupé à se dévorer des yeux plutôt que de regarder le chemin, comme si rien autour d’eux n’existait ou n’avait d’importance. En les observant, elle sut ce qu’elle devait faire…

Ce même soir, elle patienta calmement jusqu’au retour de Massimo. Quand il rentra, elle lui annonça tout aussi calmement sa décision de mettre un terme à leur relation.  Elle mit des mots sur ce qu’ils savaient tous les deux depuis un certain temps, sans oser se le dire, à savoir le lent effilochage de leurs sentiments amoureux. Ce n’était ni sa faute ni la sienne, c’était ainsi, tout simplement.

Elle, avait le don de choisir des hommes non disponibles parce que l’engagement la terrorisait. Lui, avait tenté de remplacer son véritable amour parce qu’il n’avait pas su trouver les mots face à la souffrance de Valeria à l’époque.

Elle hésita à lui parler de la scène du baiser qu’elle avait surpris quelques heures plus tôt. Mais cela ne ferait que remuer le couteau dans la plaie et surtout, elle ne voulait pas qu’il se sente coupable de quoi que ce soit. Alors elle ne dit rien.

Une semaine plus tard, elle était dans l’avion, seule…

§

Cette nuit, au sommet du mont Ounasvaara, elle se fit la réflexion qu’elle ne regrettait pas une seconde sa décision. Et comme pour valider ce sentiment, le ciel se para au même moment d’une électrisante couleur verte. La couleur de l’espoir… ››

 

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Conscience

‹‹ En l’écoutant lui expliquer sa vision de la vie, sa vision de l’éducation qu’il souhaitait transmettre à ses enfants, elle s’aperçut alors que cet homme à côté duquel elle était assise lui était totalement inconnu… Quel soulagement et quelle déception à la fois…

Soulagement parce que la culpabilité de ne pas être à la hauteur était soudainement réduite à néant. Déception parce que la culpabilité de ne pas être à la hauteur était soudainement encore plus accablante…

Mais surtout et avant tout,  quelle CLAQUE monumentale !!!

Oh que oui… Quelle claque de réaliser que le monde ne tournait pas uniquement autour d’elle. De prendre une fois de plus conscience que chacun est le centre de son propre monde. Que l’Univers est composé de tous ces petits mondes et que chacun doit également composer avec…

Alors oui, elle avait « abandonné » le navire et lui, il avait survécu comme il pouvait… sans elle.

Pour qui se prenait-elle ? Croire que tout serait resté figé jusqu’à son retour ? Quelle impudence ! Se donner autant d’importance, quand elle-même ne lui en avait accordé que trop peu…

Son petit frère était devenu un homme. Un homme avec une femme, des enfants, des responsabilités. Un homme bien différent du jeune garçon qu’elle avait laissé bien des années plus tôt…

Maintenant, elle comprenait pourquoi elle se sentait si mal à l’aise depuis leurs retrouvailles. Ce n’était pas sa faute à lui, ni la sienne à elle d’ailleurs… Ils avaient grandi ensemble, dans la même maison, avec les mêmes parents. Puis à l’âge adulte, ils avaient chacun suivi leurs voies. Elle s’en serait sûrement rendu compte si elle était restée… Mais son mal-être, ses incompréhensions permanentes avec ses parents l’avait conduite à parcourir le monde pour tenter d’y trouver son propre remède. Et durant ces années, elle avait quasiment coupé toute attache avec sa famille. Pourtant, naïvement, elle s’était dit qu’ils pourraient reprendre les choses là où elles en étaient restées…

Elle s’était attendue à être accueillie comme la grande soeur providentielle qui revient au bercail, celle dont tout le monde attendait le retour avec ferveur… Au lieu de cela, elle s’était sentie mise sur le carreau et pour cause… La vie avait continué, même sans elle. À elle de l’accepter et de s’y refaire une place. Et, tant qu’à faire, une place qui lui conviendrait mieux qu’avant…

Mais pour le moment, ils étaient deux étrangers. Elle ressenti un pincement au coeur à cette pensée. Puis elle sourit…

Parce qu’il y avait, à bien y réfléchir, toute une relation à rebâtir… Non pas sur des disputes d’enfants mais sur des consciences d’adultes… ››

Belle journée,

Madj

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DÉFI

‹‹ Dès le réveil, les pensées l’assaillirent, la ramenant inlassablement au dilemme qui la déchirait depuis trois jours. Les mots, les phrases qu’il avait prononcé résonnaient sans relâche dans sa tête, parfois même jusque dans ses tripes quand le sentiment devenait trop violent.

Elle s’était très jeune jugée incapable d’aimer. Sans doute parce que trop éprouvée par la vie, elle avait fini par renoncer aux autres. Mais quand une personne parvenait à rallumer une braise de ce feu éteint depuis bien trop longtemps, elle était capable de tout abandonner dans l’espoir qu’un brasier salvateur renaisse de ces cendres presque irréelles.

Mais chaque fois, elle avait été déçue. En premier lieu d’elle-même, pour y avoir cru une fois encore. Ensuite de l’autre, incapable de l’aimer inconditionnellement.

Car, sans s’en rendre compte, toute sa vie, elle avait attendu et espéré qu’un autre que son père, qui avait lamentablement échoué dans son rôle, accomplisse ce miracle. Jusqu’au jour où elle dut admettre que cela serait impossible… Que le seul qui pourrait l’aimer sans rien attendre en retour était précisément son père. Qu’il aurait dû. Non, même pas, car, en y regardant de plus près, les parents n’ont aucune obligation envers leurs enfants, si ce n’est matérielle. Mais elle aurait juste voulu se sentir aimée, unique et respectée pour ce qu’elle était…

C’était ce besoin profond de reconnaissance qui l’avait plongée dans un tel désarroi…

Elle avait refusé de voir Jérémy plusieurs soirs de suite. Passionnée de danse, son groupe préparait un concours pour le mois prochain et leur professeur avait donc intensifié le planning des répétitions, ce qui n’avait visiblement pas plu à son récent amoureux. Son physique attrayant et ses bonnes manières n’avaient pas joué en sa faveur. Elle s’était sentie agressée.

Elle appréciait Jérémy et elle aimait la danse. Pourquoi devrait-elle choisir entre les deux ?

Certains diraient que renoncer à la danse serait un acte de pur amour et totalement désintéressé, d’autres que ce serait une pure connerie. Elle, était malgré tout d’accord avec les deux. Alors, au milieu du son discordant de son âme, elle réalisa que le véritable amour n’envisagerait pas de choix…

Que finalement, derrière une demande qui paraissait insensée, se cachait un petit garçon qui lui-même avait un besoin impérieux de combler ses propres manques (il avait grandi sans sa mère). Que leur véritable rencontre n’aurait lieu que le jour où il saurait distinguer le cri de ses blessures de l’être qu’il était vraiment au fond de lui…

Exactement comme elle…

Alors non, elle n’allait pas renoncer à la danse. Ni à Jérémy d’ailleurs. Elle continuerait de danser comme elle le faisait depuis des années et si Jérémy s’avérait incapable de comprendre, alors c’est lui qui renoncerait à elle…

Bien sûr, elle en serait triste…

Mais depuis plus de trente ans, elle avait déjà beaucoup trop renoncé à elle-même dans l’espoir vain d’un amour que personne ne pourrait jamais lui apporter… Il était temps d’en faire le deuil… ››

 

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1, 2, 3… SOLEIL !!!

C’est avec émotion que tu te remémores la joie que tu as lu dans les yeux de ton petit neveu de quatre ans quand il s’est précipité à ta rencontre, la merveilleuse sensation de flottement quand ton amoureux t’a serré fort dans ses bras devant ce magnifique coucher de soleil, le fou rire incontrôlable et complice avec ta copine quand vous vous êtes rendu compte que vous observiez la même situation en même temps et que bien d’autres…

Des instants de grâce, de bonheur que l’on voudrait éternels (que ceux qui n’y ont jamais songé lève la main !)

Mais la vie, ce n’est pas que ça… C’est aussi le quotidien, les moments moins funs (moins authentiques semble-t-il), parfois plus difficiles… Des moments qui semblent, précisément, dépourvus de bonheur, de bien-être…

Et donc, pour contrer cela, tu cherches à revivre un instant magique…

Tu t’arranges pour t’entourer des bonnes personnes, guettes le moment idéal… Pourtant, même réunis, tout est différent. La magie n’opère pas. Mais tu ne perds pas espoir…

Tu tentes, encore et encore. Tu t’accroches à cette idée de liberté, d’épanouissement absolu que tu veux éprouver envers et contre tout… Tu rages contre les autres, qui ne font pas les choses au bon moment. Tu rages contre toi-même, qui ne parvient à atteindre l’état tant désiré. Tu respires, tu reprends tout depuis le début. Mais rien n’y fait. Tu as pourtant tout mis en oeuvre pour le faire revenir mais…

LE BONHEUR T’A ÉCHAPPÉ !!!! (OMG !!)

Énorme déception… Tu déprimes, tu te dis que décidément, tu n’es pas doué pour l’attirer (et c’est sûr qu’en raisonnant ainsi, il y a peu de chances…). Tu décides de ne plus rien faire, de ne plus rien attendre.

Et puis un jour, vidée de toute énergie par trop de ruminations, tu envoies tout baladé, bien décidé à laver ton esprit de toutes ces prises de tête, de cette quête impossible à atteindre.

Tu rejoins une amie pour te confier. Et au cours de la conversation, ton amie te signifie que tu es forte et qu’elle, elle a confiance en toi. Que malgré tous tes doutes, elle voit en toi la personne qui, au fil des années, s’est construite à forces d’épreuves et qui en est ressortie grandie… Elle te sourit. Et…

Ô MIRACLE ! LA MAGIE VIENT D’OPÉRER À NOUVEAU !

Le moment que tu t’acharnais tant à recréer est revenu sans que tu t’y attendes… Le coeur léger, tu débordes de reconnaissance pour l’amour que vient de te donner cette personne, sans que tu n’aies chercher à l’attirer…

Et là, l’espace d’un court (trop court ?) instant, tu saisis qu’il est exactement là le bonheur…

Dans cet abandon de la recherche de perfection, du jugement de soi.

Dans cette jouissance de ressentir ce que tu vis à l’instant où tu le vis.

Dans cet échange où tu ne cherches plus à décortiquer le passé ou à anticiper le futur.

Dans cette connexion à l’essence profonde de ton âme.

Et surtout, que l’instant n’est jamais le même.

Qu’il peut arriver n’importe quand, n’importe où, avec n’importe qui.

Que le bonheur ne se retient pas mais se vit…

Belle journée,

Madj

 

Je… euh… en fait…

Bon… Pour la énième fois, tu reproches à ton mec de ne pas agir selon tes attentes…

Ce week-end, il a prévu de le passer avec un couple d’amis de passage dans sa ville. Et tu aurais aimé faire partie de l’aventure. Mais voilà. Trop fière pour lui en toucher en un mot, tu attends (que dis-je, tu ESPÈRES) qu’il t’invite sans que tu n’aies à le formuler. Donc, en bonne fille docile, tu attends qu’il prenne l’initiative.

Résultat : il a passé un super week-end à faire la fête, TOI à ruminer seule dans ton coin. Et le dimanche soir, il te raconte ses exploits tandis que, le téléphone vissé à l’oreille, TU continues de rager. Et quand, finalement exaspérée par sa légèreté, tu lui envoies en pleine face (ATTENTION, UPPERCUT EN APPROCHE ! ) qu’il aurait pu penser à t’inviter (ben oui, deux couples d’amis, c’est plus sympa quoi ! ), qu’il te répond d’un simple ‹‹ Mais pourquoi tu me l’as dit ? ›› sur un ton innocent, étonné de ton ton cinglant (AHAHAHA !!! pour ceux qui auront compris le jeu de mots…) et que tu enchaînes ‹‹ Mais t’aurais pu me le proposer ? ›› et qu’il réplique ‹‹ Ben, il suffisait que tu le dises… ››, ton sang ne fait qu’un tour. Et toi de penser ‹‹ T’avais pas deviné ? ›› mais de répondre ‹‹ Si tu me l’as pas proposé, c’est que t’avais pas envie au fond… ››

ET VOILÀ, JEU, SET ET MATCH !! La dispute est partie… Et après trois heures de discussion à camper sur vos positions respectives, vous envisagez le pire… Voilà le moment de respirer, de prendre du recul…

Une journée passe, où l’énervement prend le dessus (‹‹ C’est de sa faute, il est trop nul ! ››) Puis une deuxième journée, où l’agacement fait place à la fatigue, car oui, ça épuise d’être énervée en permanence. Des pensées te viennent, que tu commences par repousser parce qu’elles te semblent incongrues puis finalement, tu t’y attardes… Alors tu réfléchis plus posément, tu te souviens que ce n’est pas la première fois que tut te comportes ainsi… Qu’angoissée à l’idée qu’il puisse te dire non, tu n’oses pas lui confier tes envies, te persuadant que ne rien exprimer t’évitera toute déception…

Alors qu’en fait, tu as juste peur d’être déçue. Mais pourquoi se sentir constamment déçue ? Bien sûr, tu fais le parallèle avec ton enfance et la relation avec tes parents (passage obligé, pas d’évitement, s’il-te-plait). Effectivement, ils n’ont pas répondu présents quand ils auraient dû mais ce ne sont que des êtres humains après tout. Et tu es adulte désormais. Mais, probablement dû à ta grande sensibilité (TRÈS BELLE QUALITÉ, ne te méprends pas), tu as pris cela pour acquis et mis tous les gens que tu as rencontré par la suite dans le même panier (qui doit être lourd maintenant…)

Mais cette quête effrénée et vitale de la perfection t’entraines à vouloir toujours plus, toujours mieux. Elle t’éloigne surtout de l’être que tu es, de tes désirs véritables, en t »astreignant à estimer uniquement le résultat, sans te préoccuper de ton ressenti. À oublier TA FORCE INTÉRIEURE qui fait de toi la femme exceptionnelle que tu es.

Alors oui, parfois tu n’oseras pas dévoiler tes désirs par manque de confiance en toi. Et pourtant, plus tu apprendras à le faire, plus tu retrouveras cette confiance oubliée. Si une personne n’agit pas selon tes attentes, ne te laisses pas envahir par la peur. 

RESPIRES, CONNECTES-TOI À TON COEUR ET EXPRIMES-TOI.

(Et si la réponse est quand même non, rien ne t’empêche d’engager un tueur à gages…)

Belle journée,

Madj

BOUSSOLE

Les évènements se succèdent les uns aux autres, le quotidien envahit, les temps de pause sont absorbés. La vie parait plus sérieuse, trop adulte. L’agacement pointe son nez, rien ne se passe comme prévu.

Bientôt, tout déborde. Soi et surtout les autres. D’alliés, ils se sont transformés en ennemis. Tout déborde toujours plus. La vie est maintenant un combat de chaque instant : pour ne pas sombrer, pour continuer à se faire apprécier, pour conserver ce qui nous tient à coeur et nous semble essentiel.

Nous trouvons des excuses pour nous justifier, pour les justifier, pour justifier la vie. Nous nous accablons, nous les accablons, nous accablons la vie. Mais non, s’énerver ne sert à rien, les coachs en développement personnel ne cessent de le répéter. Alors on appuie plus fort pour que tout s’entasse.

Ce faisant, un nouvel ennemi se profile, sournois et inconscient…

Et là, c’est l’explosion !

Nous ne reconnaissons pas la personne que nous sommes devenus, nous ne l’aimons pas, nous avons la sensation d’avoir été coupé en deux, causé par un manque d’attention à soi et une négligence de nos valeurs intérieures.

Catastrophe…

Parce que sans boussole interne, c’est l’anarchie. L’impossibilité de trouver le repos, partir dans une quête continue et sans fin d’un mieux-être.

D’où l’importance capitale de rester connecté à soi… Ainsi, dès les premiers signes (débordement, malaise interne même minime, irritation des autres, etc…), prendre un temps soi. Ou des temps pour soi. S’interroger. Comprendre pourquoi tel comportement, telle situation, telle parole interpelle ou heurte. Aller au bout pleinement. Ne pas se laisser effrayer par ses propres pensées, son propre ressenti. Car c’est cette peur initiale qui fausse tout le reste. Qui constitue cet ennemi sournois et inconscient : nous-mêmes.

Si nous faisons de la vérité, de l’amour et de la confiance ( envers nous-mêmes) les valeurs de notre boussole interne, le point de départ de toutes réflexions, il est logiquement peu probable de prendre une route qui ne nous convient pas.

Toutefois, gardons à l’esprit que tout est possible, que rien ni personne n’est parfait. Qu’il est possible de se tromper de direction avec amour.

C’est la magie de la vie…

Bonne journée,

Madj

BOULOT : ACTEUR

‹‹ La vie est avant tout ce que vous décidez d’en faire. ›› Cette phrase m’est arrivé un matin, tout à mon habitude de trouver mon élan de la journée. Contente de moi et motivée, je me suis tout de même fait la réflexion qu’il y a quelques années en arrière, si n’importe qui m’avait dit une phrase de ce genre, je l’aurais trouvé prétentieuse. ‹‹ Trop facile, un refuge pour les chanceux de la vie… ›› aurais-je pensé.

J’ai donc repensé à ma vie d’il y a quelques années. À mon état d’esprit de l’époque. Je menais clairement une existence sans réel enthousiasme, attendant désespérément une occasion de sortir de ma léthargie. D’un cycle qui semblait vouloir se répéter à l’infini, fade. Je percevais les personnes qui tenaient de tel discours comme orgueilleuses, se pensant au dessus des autres. Alors qu’au fond, j’étais envieuse, je leur en voulais d’arriver à être si léger devant le combat auquel s’apparentait ma vie. Pourquoi y arrivaient-elles et pas moi?

Aigrie, je continuais malgré tout à espérer un miracle, un signe, quelque chose qui déclencherai une certaine allégresse en moi. Mais je ne cherchais pas au bon endroit. Je désirais ardemment que les choses autour de moi évoluent à mon avantage, changent dans le sens que je décidais être le bon. Mais même quand parfois cela se produisait, je n’était pas pour autant satisfaite. C’était à n’y rien comprendre.

Et un jour, j’ai tout envoyé baladé pour m’expatrier. Maison, boulot, amour. Je me suis retrouvée face à moi-même, seule. Radical, certes mais j’avais surement besoin de faire les choses ainsi. Parce que je sentais que j’étais en train de me noyer, littéralement. J’avais besoin de faire une chose hors du commun pour relancer la machine.

Les premiers temps, j’ai vécu comme en apesanteur. J’ai senti un poids s’enlever de mes épaules. C’était fantastique, libérateur. Plus de contraintes, plus d’obligations, plus de rôle à jouer… PLUS DE RÔLE À JOUER… C’est là que j’ai compris…

Le problème, ce n’était pas l’extérieur. C’était MA façon de vivre avec l’extérieur. Ma façon de percevoir les gens, les évènements. C’était LE rôle que j’avais décidé d’endosser pour diverses peurs et qui ne me correspondait pas. Je m’étais mise seule la pression pour être à la hauteur par peur de ce que j’imaginais que les autres attendaient de moi. Sans me demander ce que MOI j’attendais de moi. Et rien n’allait comme j’espérais parce que je n’étais pas ce que je voulais être. J’étais l’image de moi et non MOI.

C’était il y trois ans. Une prise de conscience vertigineuse… et qui continue son bonhomme de chemin parce qu’on ne change d’un claquement de doigt ce que l’on s’est imaginé devenir toute sa vie… Je fais le tri, je réajuste, j’oublie, j’apprends. Et finalement, je vis enfin. Chacun peut être heureux à condition de déterminer ce qui le rend heureux.

Alors, quand vous vous sentez mal, il peut être bon de se poser une simple question : Suis-je mal parce que les circonstances extérieures sont réellement défavorables ou parce que je me suis enfermé dans un rôle qui ne me correspondait pas?

Belle journée,

Madj

ARRÊTONS DE BRIDER NOS EMOTIONS!

Personne n’aime être mal à l’aise. Au milieu des autres certes mais encore plus face à soi-même. Accepter la trahison d’un ami, s’apercevoir que la vie que nous menons ne nous convient plus, reconnaitre son manque de discernement, etc… Autant de situations inconfortables et délicates qui nous poussent, même quand nous ne le voulons pas, à nous interroger sur nous-même.

Mais parfois, nous repoussons ce moment autant et aussi fort que nous le pouvons, en donnant une importance démesurée à nos responsabilités professionnelles, familiales ou amicales. Nous cherchons à étourdir le rythme, que nous percevons comme effréné, de la vie. Pourtant, plus nous nous efforçons de l’étourdir, plus il s’accélère. Nous obtenons l’effet inverse.

Aussi vient le jour où tous les voiles s’abaissent d’un coup, nous laissant nu au milieu d’une route que l’on a parcouru sans en comprendre le véritable sens. Alors nous restons à l’endroit précis où tout s’est arrêté, comme paralysés. Incapable de savoir comment ni pourquoi on en est arrivé là et encore moins où aller.

Bien qu’indiscutablement effrayante, rassurons-nous car ce n’est qu’un début. Un début cahotique vers soi-même, vers sa vérité.

A ce stade, il ne s’agit plus de combattre. Ni d’essayer de comprendre d’ailleurs. Il s’agit de se laisser doucement enveloppé par ces « ténèbres » repoussées si longtemps, avec tant d’énergie. De laisser les peurs, les doutes, les refus prendre la place qui leur revient naturellement. De leur donner le droit d’exister, au même titre que l’amour, la joie ou la compassion. De laisser chaque émotion, que nous la percevions comme négative ou positive, faire le chemin qui est le sien en nous.

Brider une partie de ses émotions, c’est brider toutes ses émotions, quelles qu’elles soient. Car, si l’on a peur d’aller explorer nos plus sombres instincts, la même peur nous empêchera d’atteindre les plus beaux.

Vivre, ce n’est pas passer son temps à tenter d’effacer ce qui ne nous plaît pas pour vivre uniquement ce qui nous plaît. Vivre, c’est ressentir pleinement tout ce qu’il est possible de ressentir.

La nature, par définition, est impermanente. Elle change sans cesse, s’adapte et survit, quoi qu’il arrive. Ainsi devons nous être. Car c’est ainsi que nous sommes originellement nés.

Soyons conscients d’une chose : quel que soit le sentiment que l’on bride, rappelons-nous qu’au moment où nous agissons de la sorte, nous entrons en guerre  avec nous-même.

Belle journée,

Madj

LE PIÈGE D’AIDER

Vouloir aider une personne proche qui traverse un moment difficile est une attitude de compassion, une action louable. Mais quand cet élan nous saisit, il est bon de s’assurer de l’authenticité de nos pensées.

Par authenticité, j’entends l’interrogation « Pour quelle raison ai-je envie d’aider? ». Une question à première vue hors propos, que certains qualifieraient même d’absurde mais qui me paraît pourtant indispensable. 

Pour y répondre,  commençons par comprendre d’où vient ce sentiment de compassion. De notre vécu, cela semble logique. Certaines histoires nous touchent plus que d’autres, parce que l’on reconnaît ses propres souffrances en l’autre. Pour peu qu’on ait dépassé la nôtre, il est alors aisé d’imaginer avoir LA solution miracle, de claironner tout haut que l’on connaît le chemin et de tenter, dans un esprit de bienveillance, d’y conduire la personne mal en point. Attitude qui peut paraître noble et sensée mais qui, à mon sens, ne l’est pas. En agissant ainsi, ce n’est plus notre élan de compassion mais bel et bien notre égo qui prend le dessus. 

Notre égo qui nous souffle que nous, nous savons ce qu’il est bon de faire et comment le faire, contrairement à l’autre. Nous créons ainsi une relation maître-élève , parent-enfant, intimant inconsciemment notre supériorité, qui fait souvent naître le désir de faire à la place de, dans l’unique but de démontrer à quel point nous avons raison.

Or, pour qu’une véritable relation d’aide puisse se mettre en place, la personne mal dans sa peau doit tout d’abord accepter l’aide qu’on lui propose, étape que notre égo a tendance  à ne pas prendre en compte. Il s’impose parce qu’il sait. Ensuite, chacun doit pouvoir se sentir libre. Libre d’exprimer ses sentiments, d’exprimer ce qu’il est. Et si la personne qui vous fait face pense qu’elle vous est supérieure et donc que vous êtes inférieur, comment cela sera-t-il possible?

L’égo nous pousse à juger, à comparer, à médire. Ce n’est pas lui qui peut aider.

Par contre, il peut nous aider à nous recadrer. Nous aider à prendre la distance nécessaire face à la souffrance de l’autre pour ne pas la faire nôtre et éviter ainsi confusions et malentendus. 

Notre chemin n’est jamais le même que celui d’un autre, mais si on accepte juste de le partager et non de l’imposer, il peut devenir une source d’inspiration pouvant faire naître chez l’autre l’envie de suivre sa propre voie. Laisser l’autre venir à soi et non se poser en super héros réparateur de torts. 

C’est ainsi, je pense, qu’on soutient le mieux les autres. En poursuivant notre chemin comme il nous convient, en se sentant en accord avec ses actes et ses paroles. En appliquant au quotidien notre vérité à notre existence.

Ainsi la véritable question serait peut-être « Suis-je capable d’aider? »…

Belle journée,

Madj

‹‹ Prends soin de toi ››

Voilà bien une phrase complexe… Complexe parce qu’elle parait simple en apparence mais compliquée en profondeur…

Dès que l’on se plaint de son travail, de notre relation, des embouteillages, du manque de temps, du quotidien, c’est la phrase magique censée résoudre tous non soucis.

‹‹ Tu devrais prendre plus soin de toi… ›› ‹‹ Tu devrais t’accorder plus de temps… ››

Mais est-ce si facile à faire en définitif?

La première pensée qu’évoque ces mots est de s’autoriser à assouvir ses envies…  « primaires » dirons-nous. S’offrir un massage, une sortie entre amis, un dîner en amoureux. Des instants qui se perdent facilement dans la course effrénée du quotidien.

Mais ce n’est que la première approche.

Prendre soin de soi, c’est peut-être avant tout l’art d’ÊTRE.

Et pour y parvenir, il faudrait tout d’abord être au fait de ce que l’on est. Ce qui implique la conscience de son mécanisme interne personnel, libéré des fêlures du passé et de l’angoisse du futur. D’accepter la peur au même titre que la sérénité, le malheur au même titre que le bonheur. De laisser la vie nous happer dans son sillage plutôt que le contraire. De savoir ÊTRE colère un instant puis douceur un autre. De reconnaître humblement ce flux d’énergie qui fait de soi un être humain ordinaire et extraordinaire à la fois.

De laisser fleurir en soi chaque émotion, qu’elle nous plaise ou non. De ne pas s’auto-censurer. De savoir décider ce qui doit vivre et ce qui doit mourir en nous. De cultiver cette personne que nous voulons ÊTRE parce que l’on se sent bien avec elle.

La difficulté vient peut-être du fait que, par peur de perdre l’amour de ceux que l’on aime, on se cache de notre véritable nature, parfois jusqu’à en avoir honte. Mais les relations sont simples : si l’on nie ce que l’on est, il est impossible de ne pas nier ce que sont les autres. Et être dérangé par notre ÊTRE revient à être dérangé par celui des autres…

À mon sens, prendre soin de soi, c’est intimement savoir ÊTRE.

Savoir ÊTRE dans l’instant, en se laissant traverser par le flux, invisible mais perceptible, de l’existence…

Belle journée,

Madj